A Propos du glissement du Granier 1248

L’hypothèse

 

Les causes de l’éboulement font encore débat, bien que la thèse de « Jean Goguel » et « Albert Pachou » parue en 1972 semble gagner les faveurs des spécialistes.

 

Après plusieurs jours de pluie diluvienne, une partie de la corniche en calcaire posée sur une couche de marne cède et tombe sur un terrain composé de strates de marnes gorgées d’eau (de vraies éponges) par les pluies abondantes de l’automne.

Suite au choc des roches provoqué par cette chute, un glissement de terrain marneux se déclenche. La friction des strates l’une contre l’autre pendant ce glissement crée une élévation de la température, qui provoque la vaporisation de l’eau présente dans les interstices.

 

Cette vaporisation de l’eau accélère le glissement et génère des coulées de boue. Celles-ci entraînent dans leurs chutes non seulement les fragments de la corniche, mais également tout un pan de la montagne qui vient de perdre ainsi une partie de la base sur laquelle elle était posée.

 

Quelques chiffres :

5 millions de m3 de roches

600 millions de m3 glissés

Accumulation sur certaines zones de 40m d’éboulis (au croisement de l'autoute et de la voie ferrée au-dessous de Myans) sur une zone d’épandage d’environ 34km².

Le plus grand glissement de terrain jamais recensé en Europe depuis cette époque.

Suite à l'éboulement, le cours d'eau du Bondeloge a été modifié.

Le Granier :

Montagne « kartisque » qui possède un réseau de grottes et de galeries creusées par l’eau et entaillée de nombreuses failles. Ces réseaux constituent le point de faiblesse de la montagne ce qui, combiné avec des pluies abondantes, conduira à la catastrophe.

Et depuis:

Tous les jours, on entend des chutes de plus ou moins grosses pierres, perceptibles au niveau du col et des routes proches.

C’est à la fin de l’hiver que se remarquent sur la neige les chutes de pierres et de marne noire. 

Ainsi en janvier 2016, on a constaté des éboulements sur le pilier ouest, coté Entremont le Vieux, puis en avril/mai 2016 sur le pilier est coté Chapareillan.

Et St Jeoire dans tout ça ?

Dans ce glissement, seule la partie sud-ouest de Saint Jeoire a été touchée : cela correspond à la limite de Myans (marais) et de l’Abis (station-service de l’autoroute).

Si cette partie est moins accidentée que d’autres communes plus touchées, cela peut se comprendre par la fin de course des boues ayant perdu de la force et de la vitesse et n’entrainant plus les gros blocs de roches.

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